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Le vallon

Mis à jour : nov. 25

J'ai marché à travers le vallon. J'ai aimé la liberté de mon esprit. Il s'est envolé dans le vallon et je n'ai eu qu'à courir assez vite pour le suivre.

Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, tout était fluide, simple. La pulsation de l'existence. Les rires de la vie.

Je n'ai pas compris pourquoi il fallait plonger à nouveau dans le fleuve intrépide du quotidien. C'est lui le danger, le fléau, la disgrâce, l'étau. Il n'y a pas de limite à son inutilité. Sans souffle, il me laisse sans souffle.


Le vallon ne fait aucun tri, il ne met rien de côté, il prend tout, il me prend toute entière dans ses ornières. Je peux fendre les herbes hautes, laisser mon emprunte dans la terre, courir dans la descente et me suspendre aux troncs des arbres pour me retenir lorsque le chemin est trop humide. Je peux marcher dans le ruisseau, m'asseoir à l'ombre des arbres, écouter les oiseaux, scruter le ciel.


Vivre dans le vallon. Ce serait ça, la vraie vie ?

C'est un peu le fond de ma gorge, ce vallon. Il y fait sombre et humide et tiède. Il y a de drôles d'odeurs. Un ruisseau et parfois le vent. M'accorder à la pulsation du ruisseau. Peut-être qu'un jour je m'y perdrai et ne pourrai plus revenir. Ne pourrai plus revenir sur mes pas. Le vent les aura effacer ou la brume me les aura cachés. Je resterai près du ruisseau, dans les herbes hautes. Je passerai mes nuits à arpenter les chemins. J'en découvrirai de nouveaux. Une infinité de chemins.


Peut-être que je tomberai dans le fond du vallon.


Et s'il y avait le vide ?


Et s'il n'y avait pas le vide ?


Je m’assiérais à l'ombre d'un chêne et je me tairais. Parce-que parler, c'est ne rien dire de vrai ou d'intéressant. Parler, c'est se perdre un peu dans chaque mot. Aucun mot ne peut dire la vérité. Tous les mots mentent. Ils essaient de dire quelque chose mais n'y arrivent jamais.



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